Dérailleur arrière, et pourquoi pas un Microshift ?

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Microshift, ça vous dit quelque chose ? Pas forcément, et je vous comprends. Jusque-là, je connaissais leurs dérailleurs comme des horreurs bas de gamme tout en plastique, ou des choses plus abouties mais à l’esthétique assez étrange, bariolées comme des arlequins ! Ayant maintenant – semble-t-il – arrêté ses expérimentations multicolores douteuses, le jeune fabricant taïwanais propose une alternative crédible face à Shimano, surtout (mais pas que) pour continuer à faire vivre les « vieilles » transmission en 10 vitesses, délaissées du constructeur japonais. Potentiellement intéressant, donc. Le seul problème est de savoir ce qu’on tient entre les mains… car le modèle exact n’est pas gravé à l’arrière du dérailleur, donc si on ne possède pas la boîte, il y a de quoi hésiter sur le pedigree ! De plus, on se perd un peu dans la gamme, assez étendue. Mais en cherchant bien, parmi le catalogue on trouve des modèles assez tentants :

(Pour un choix de dérailleurs avant, voir la suite dans cet article).

RD-44S

Le RD-44S : c’est un bon milieu de gamme, conçu pour 9 vitesses (pouvant s’adapter en 10v) et bien fait malgré ses 260g. Un Tiagra 4500 ou 4601 en beaucoup mieux ! La finition est flatteuse, les métaux et la peinture sont lisses. La chape et le boulon de fixation à la patte de cadre sont en acier, tout le reste est en aluminium, même le maillon arrière… contrairement aux Shimano Tiagra ou 105. Alors où se loge le poids ? Sans doute dans la durabilité et la fiabilité. Un modèle hautement recommandable, largement au niveau d’un Shimano 105 RD-5701, même si ce n’est pas un « vrai » 10 vitesses. Seul défaut, le galet supérieur n’a pas beaucoup de débattement latéral, ce qui peut rendre son réglage en 10v un peu pointu. Pour cette raison, à réserver pour équiper du 9v si vous n’êtes pas à l’aise avec les réglages d’indexation.

R10   RD-R47S

Le R10 RD-R47S : donné pour du 9/10 vitesses, il semble être un bon milieu de gamme avec ses 216g ; et seulement 12g à rajouter pour la version en chape longue, le RD-R47. Plutôt pas mal. Construction entièrement en aluminium, à part le maillon arrière en acier, tout cela semble prometteur. Malheureusement, la finition est en retrait par rapport au RD-44S, en particulier à cause l’aspect granuleux de l’alu de la chape à l’emboutissage un peu baveux. Là aussi, le galet supérieur a un débattement limité, ce qui implique un réglage plus pointu de l’indexation. Moins convaincant et qualitatif que son petit frère le RD-44S, les deux exemplaires que j’ai eus entre les mains – aussi bien en chape longue qu’en chape courte – ont l’axe avant du maillon arrière mal serti qui demanderait un bon coup de marteau pour éviter de gigoter, car les maillons ont déjà pas mal de jeu à l’origine. Finalement assez décevant. Un matériel honnête, sans plus, dont le poids est le seul atout. Un dérailleur que je ne recommande pas. Autant monter un Shimano 105 RD-5701 tant qu’on en trouve encore !

Centos   RD-57SE

Le Centos RD-57SE : c’est un matériel bien fait, conçu pour 10 vitesses, agréable à l’œil, et très léger avec ses 200g tout rond. Le mécanisme est bien construit, tout en aluminium, avec malheureusement un très léger jeu en vertical dans les maillons. Ça ne gêne pas le fonctionnement, mais c’est dommage. La longévité s’en ressentira forcément, à moins que vous ne profitiez de ce léger espace pour lubrifier régulièrement les axes avec une goutte d’huile épaisse… et ce défaut se transformera en atout, au prix d’un minimum d’entretien. Sur ce modèle, le galet supérieur a toute sa liberté latérale comme chez Shimano, ce qui facilite le réglage de l’indexation ; une bonne chose. Ce dérailleur reste donc très intéressant malgré tout, et sa chape en aluminium usiné est du plus bel effet, je trouve. Idéal pour continuer à faire vivre dignement les transmissions « anciennes », maintenant que les dérailleurs Ultegra et Dura-Ace sont devenus introuvables en 10 vitesses.

Xona   RD-R67SG

Le Xona RD-R67SG : encore un matériel bien fait, concurrent direct du Centos 10 vitesses, agréable à l’œil, et très léger avec ses 200g tout rond. Immédiatement, le marquage Xona saute aux yeux… Avec sa consonance peu flatteuse rappelant tout de suite le Shimano Sora. Mais rien à voir, la comparaison s’arrête là, et avec un net avantage pour le Microshift ! Donné pour 9/10 vitesses, oui, pourquoi pas, même en 8 si on veut, mais ça serait quand même gâché. Ce dérailleur est de la qualité qui en fait un pur 10 vitesses sans avoir à en rougir. Le mécanisme est bien construit, tout en aluminium, jusqu’au boulon de fixation à la patte de cadre. Les maillons ne comportent pas de jeu notable et les deux galets, d’une bonne fluidité, ont une liberté latérale facilitant le réglage de l’indexation. Cette production est donc une très bonne pioche, un peu moins sexy que le Centos, mais d’une qualité plus convaincante, même si on y perd la jolie chape usinée du Centos RD-57SE… et qu’on y gagne une appellation Xona peu flatteuse ! Je ne sais pas si c’est le résultat d’un positionnement marketing voulu, mais franchement, je le trouve foireux pour un modèle à adopter sans hésitation !

Centos11   RD-R58S

Le Centos11 RD-R58S : comme son nom l’indique, c’est un 11 vitesses exclusif, et avec un tirage similaire (j’ai trouvé une infime différence qui passe franchement inaperçue en pratique) aux Shimano en 11v (ou Tiagra 4700 10v). À 196g sur la balance, c’est plus léger et semble aussi bien fait qu’un Ultegra 6800… et sans avoir la forme d’extra-terrestre d’un Ultegra 8000 ! Le mécanisme tout en aluminium est très bien construit, avec un jeu quasiment imperceptible dans les maillons. La finition est assez sympa, alternant les zones à la peinture lisse et d’autres très finement granuleuses. Dommage que le principe de la chape en aluminium usiné du Centos RD-57SE n’ai pas été repris sur ce modèle. Contrairement à Shimano qui est revenu à un galet supérieur sans débattement latéral pour son Ultegra 6800, ce Centos11 est resté assez libre avec presque un millimètre de liberté à son galet. Un dérailleur très recommandable – avec une esthétique classique aux airs de déjà-vu – mais tellement plus joli que les nouvelles gammes Shimano taillées à la serpe…

 

En résumé, malgré ce qui est pour moi un gros raté avec le R10 RD-R47S, voilà un petit constructeur – hélas très mal distribué en France notamment – offrant une alternative crédible face aux géants du secteur… Surtout que lui, ne laisse pas tomber le cycliste souhaitant rester en 10 vitesses ! Marché de niche ou respect du consommateur, je m’en fiche, reste ce courage de proposer ce que d’autres ont abandonné un peu vite face au pur profit !

 

Pour mieux comprendre : petite anatomie d’un dérailleur

 

Dans cet article, je ne vous ai parlé que des dérailleurs arrière, mais Microshift c’est également le reste de la transmission (voir la présentation des dérailleurs avant ici), avec des manettes qui ne m’ont pas l’air très convaincantes… Mais que je n’ai pas essayé non plus !

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