Francesco Moser – (course 1978)

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Tout d’abord, ne mélangeons pas les torchons et les serviettes. Un Moser peut en cacher un autre, et dans le petit monde du vélo ancien il ne faut pas confondre :

  • Francesco Moser, marque française de Saint-Etienne ayant produit essentiellement des vélos assez basiques.
  • F. Moser, marque italienne beaucoup plus prestigieuse.

 

Ici, je vous présente un exemplaire français (beaucoup moins coûteux à dénicher que son cousin italien !) et qui a beaucoup vécu ; mais qui vous allez le voir, mérite d’être sauvegardé.

Voici à quoi il ressemble. A priori un course comme tant d’autres… mais pas que !

Vélo Francesco Moser, donc français… et c’est même marqué dessus, un peu effacé : « Made in France » ! Notez le pneu avant moussu et crevassé, ainsi que les rayons jadis chromés mais aujourd’hui bien rouillés. Il y a donc déjà un peu de travail du côté des roues.

En continuant dans les roues, les moyeux Normandy Luxe Compétition sont par contre une bonne pioche, de bien meilleure qualité que les habituelles séries ordinaires de la marque. Même si cela n’a rien à voir, les petits flasques rouges cachés sous la poussière leur donnent un petit air de Maxi-Car.

Ces jantes Super Champion Gentleman ne sont pas très courantes, en tout cas bien moins que les habituelles Mavic.

 

 

Encore du rouge au niveau des roues, avec cette roue libre 5 vitesses qui semble être restée en bon état ; très certainement une Maillard Course.

 

 

 

De l’autre côté, pour l’entraîner voici un pédalier Spidel, clone du Stronglight 105, qui ne manque pas d’allure avec ses plateaux ajourés.

 

 

Les pédales espagnoles Olimpic-64 sont une entorse à l’équipement « tout français » de ce vélo, mais rien de choquant pour ces pièces de qualité.

Pour en finir avec la transmission, les dérailleurs sont également une bonne surprise…

… avec ces Huret Success aux parties gris-bleu en titane.

Parmi les éléments qui me laissent perplexe, ces étriers de frein Mafac Compétition semblant à première vue très mal réglés.

En fait, leur fixation particulièrement desserrée place les patins en crabe entre les flancs de jantes et ceux des pneus. Dans quel but ? Plutôt stupide et insolite !

Encore plus troublant, ces stickers indiquant un cadre construit en tubes Reynolds 531. Sur les fourreaux de fourche ce sont des modèles de 1976, et sur le tube oblique (avec le marquage « TI » dans un double cercle) il correspond à la période de 1977 à 1982. Le plus ancien devrait être logiquement le bon, mais l’ensemble des composants plaide plutôt pour la fin des années 70. En y regardant de plus près, des traces de colle autour des 3 stickers (ou pourrait imaginer leur rétraction au cours du temps) rend l’origine encore plus douteuse. Alors remplacé(s) ou pas ? Lesquels ? Mystère !

Ces raccords familiers ressemblent beaucoup à des BoCaMa ou Prugnat. Une inspection attentive du cadre après démontage, livrera peut-être des indices.

Les haubans sont finis en feuilles de saules, chères à Bernard Carré. Ayant construit des cadres pour diverses marques, on pourrait l’imaginer avoir également produit celui-ci. Pure spéculation, car bien que très connu pour sa finition des haubans par une plaquette d’acier rapporté, l’artisan n’en a bien entendu pas eu l’exclusivité.

L’hypothèse ne semble pas forcément délirante, en observant ces pattes de cadre Huret au montage très soigné.

En restant dans le cadre, les bases semblent très attaquées par la rouille…. à moins que le cloquage du chrome ne donne une fausse impression de gravité. Dans tous les cas, l’état définitif sera évalué au démontage… avec à la clé un éventuel remplacement des tubes !

Finissons avec les périphériques. J’ai toujours eu un faible pour les cintres gravés et ce Guid, même s’il n’est pas si rare, produit son effet… pourvu que l’aluminium ne soit pas trop oxydé sous cette guidoline moussue qui en a sûrement vue de la flotte….

… comme le caoutchouc pourri des cocottes de ces poignées Mafac 419 semble le confirmer !

 

 

Encore une belle pièce avec ce jeu de direction Stronglight Compétition.

 

 

 

Pour finir, la selle, une Idéale 2002 bien défraîchie possède un porte boyaux Zeus fixé à l’arrière… alors roues pas d’origine, ou cycliste prudent au point d’emporter un pneu de rechange au cas où ?

Voilà, voilà. Finalement un beau vélo loin de l’image de traîne-couillon qui colle souvent à la peau des Moser français, et pas très compliqué à restaurer… à moins que les tubes des bases trop attaqués par la rouille n’impliquent leur remplacement !

À suivre…

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