Pour être direct, si vous ne voulez pas pédaler idiot, Les Traversées de France sont toujours un très bon (long) choix. La Réconciliation m’a laissé d’excellents souvenirs, Sur les Routes Blanches de moins bons – à cause d’une accumulation de problèmes, pas à cause du parcours – alors il fallait remettre ça, forcément, avec La Vie de Château. Je ne vais pas tout vous retracer dans le détail, car une Traversée de France ça se vit plus que ça se (la) raconte, et parce que Stéphane notre organisateur réunit à chaque fois, dans le carnet de route qui accompagne les pontages de la randonnée, une mine d’informations.
1) Samedi : Assas – Broquiès : 238km 3570D+
Alors voilà, après viennoiseries et café – offert par l’organisation – au village d’Assas, point de départ dans la banlieue de Montpellier, à 6h du mat’ tout le monde est lancé.
Beaucoup de visages nouveaux, la présence rassurante de quelques connus, de ceux à qui on ne la fait pas. Et moi là-dedans ? Instant de lucidité, de doute : quel goût pour l’inconscience m’a encore poussé là ? Trop tard. Il aurait fallu y penser avant… comme à chaque fois ! Une éternité à rouler, un travail de forçat ? La version complète en mode BRM 1950km accorde pourtant jusqu’à 8 ½ jours de délai. Bien que ce soit large, l’idée me paraît soudain complètement folle, démesurée, même si j’avais déjà cogité la chose et tenté de négocier avec moi-même une progression tranquille. En effet, j’espère, en allongeant un peu le découpage type des étapes qui est proposé, passer un jour de moins sur la route. Pour moins accumuler de fatigue – parce que comme d’habitude je voyage rustique – et pour pouvoir atterrir à mi-parcours à l’hôtel au-dessus du viaduc de Garabit ouvert 24h/24 que je connais pour y avoir fait escale sur le Douze Cents de Touraine. Cette concession à la clochardisation céleste me permettra d’échouer quelques heures dans un vrai lit, après m’être récuré sous une vraie douche, et avoir fait un vrai lessivage des fringues. Bref, repartir tout neuf après une parenthèse de grand luxe… que je ne veux pas rater en arrivant trop tard au petit matin.
Retour à la réalité. À me laisser porter, suivre paisiblement le flot, il est temps de quitter le fil de mes pensées.
La route est facile, mais ce n’est qu’un début. Après avoir tourné autour du Pic St-Loup, Notre-Dame-de-Londres se présente. Le petit village est aussi joli que son nom est improbable. Quelques kilomètres plus loin, la route se fait vallonnée avec une longue bosse que prolonge une descente encore plus longue. Nous voilà maintenant pleinement immergés dans ce brevet en passant par l’étroit pont médiéval de Saint-Étienne d’Issensac. La vue est superbe. Si vous êtes venu pour du paysage vous allez parcourir de belles routes. La progression est toujours aussi facile et 2h½ suffisent pour entrer dans le Gard.
Pour profiter de la vue sur le Cirque de Navacelle il faut pendre de la hauteur, et ce premier pointage se mérite… comme s’en éloigner par une remontée abrupte et surprenante. Le raidillon à 14% est court, mais l’effet garanti ! S’élever vers Blandas offre quelques petits moments de répit avant de faire le plein des bidons à la fontaine de Vissec… Ça ne s’invente pas comme paradoxe ! En approche du Caylar, toujours plus ou moins en montant, le paysage de causse se change en étendue agricole de plateau. La route s’établit en faux plat, et arrive assez vite dans l’Aveyron peu après midi.
Sentiment d’avancée facile. Depuis ce matin, les départements défilent. Après une longue descente sur des kilomètres menant à Nant, le contrôle de Cantobre est à deux pas dans la montée. L’église perchée en haut du village mérite une petite visite… dans une marche acrobatique selon les cales que vous avez aux pieds ! En repartant, la route s’étire longuement à plat vers Millau en suivant les Gorges de la Dourbie.
La traversée de ville – encore tôt dans l’après-midi – ne pose pas de problème, mais après le passage sous le célèbre viaduc, en s’écartant de Peyre et des berges du Tarn, il faut franchir un beau raidillon à Thérondels pour rejoindre le pointage de Castelnau-Pégayrols… puis redescendre des hauteurs pour arriver à St-Rome-de-Tarn. À partir de là, la fin de journée est assez tranquille et je m’arrête à Broquiès – en faisant un tour par le cimetière pour un bon décrassage au robinet – sans avoir gagné beaucoup de distance sur le découpage type en 9 jours. En étant positif, le pointage de Brousse-le-Château n’est plus très loin… et c’est reparti en fin de nuit.
2) Dimanche : Broquiès – Monflanquin : 232km 3230D+
Après une course-poursuite avec un chevreuil en panique, Brousse-le-Château arrive vite, donc, encore prisonnier des ténèbres. Aucun éclairage du village ni du château. Dommage, ça fait toujours son effet un château dans les lumières dorées de l’éclairage public avant l’aube ! C’est ensuite reparti bien roulant jusqu’à St-Jean-Delnous, tout droit tout plat… devenant vallonné pour rejoindre Najac. En repartant, la côte s’éternise à 7-8% dans une remontée jusqu’à Mazerolles, continuant encore quelques kilomètres plus doucement.
Dimanche midi, entrée dans le Lot. Le terrain vallonné jusque-là s’aplanit momentanément le temps de se rapprocher de Cahors. La traversée de la ville croise le Marathon des Vignobles, et mon chemin celui de Jésus ployant sous le poids de sa croix… sans doute en polystyrène ! Moment d’inattention à Luzech, je confonds Crayssac et Prayssac et m’en rends compte un peu tard – hé merde ! – arrivé devant le magnifique château viticole de Caïx.
Sa présence me dit quelque chose, je l’ai déjà vu sur une partie de mes BCN / BPF de Guyenne. La carte n’est pas le territoire, le cerveau n’est pas un GPS ; la liberté a un prix et il faut accepter de se perdre en décidant par soi-même au lieu déléguer la marche à suivre à une machine. Revenu sur le bon chemin, après presque 50km plus ou moins proche des sinuosités du Lot, s’écarter de la rivière fait reprendre du relief à la route, puis la fin d’étape devient bien roulante depuis Gevaudun pour rejoindre le contrôle de Monflanquin… en haut de sa butte !
3) Lundi : Monflanquin – Laroquebrou : 272km 3900D+
Je profite des toilettes publiques pour me décrasser de cette deuxième – et dernière ! – chaude journée du parcours, et c’est reparti en fin de nuit.
La route est gondolée, sans rien de bien méchant… pour l’instant, parce que pour le reste cette journée sera la plus dure ! En attendant, l’avancée est tranquille. Quelques poches de brouillard traînent de-ci de-là comme des rêves oubliés. À l’approche du contrôle de Castelnaud-la-Chapelle, le château se dresse fièrement sur son éperon rocheux… qu’il va falloir gravir. Finalement, l’ascension est plus facile que la vision lointaine le laissait penser. Cela préfigure ce qui va suivre, car c’est à nouveau bientôt la fin du plat tranquille. En effet, la montée vers la bastide de Domme est âpre.
La route se poursuit bien vallonnée avec une petite trêve passé Rocamadour pour redevenir plus calme à l’approche du Château de Montal. Après des heures éprouvantes, le plat revient en récompense en suivant plus ou moins les rives largement ombragées de la Dordogne… avec en point culminant la montée vers le barrage – assez laid pour ce que l’on en voit à travers les arbres – du Chastang… Mais la montée n’est pas finie, elle se prolonge jusqu’à Servières-le-Château. Le chemin se poursuit ensuite en plateau jusqu’à Saint-Cirgues-la-Loutre où je vous recommande les toilettes publiques tout confort – derrière la plateforme de la supérette – avec son eau chaude et sa prise électrique !
On peut alors profiter de la longue descente sinueuse menant aux Tours de Merle. C’est sans hésiter le petit trésor du jour. Le chant des oiseaux, le murmure de la rivière cachée au fond du val, les vieilles pierres immobiles, et la lumière du soir donnent à ces ruines une ambiance sans doute encore plus magique qu’en pleine journée. La fatigue se fait sentir, la remontée des Tours de Merle devient laborieuse, mais je pousse jusqu’à Laroquebrou à la tombée du jour.
4) Mardi : Laroquebrou – St-Georges : 173km 3040D+
Je redémarre en fin de nuit pour traverser l’agglomération d’Aurillac avant l’heure de l’embauche, avant la réapparition des bagnoles furieuses. Petite hésitation pour longer la N122 dont les abords ont été remodelés vers Ytrac. Si la carte indique vaguement le cap à suivre, mon flair fait le reste. Rendu à la campagne, les premières cloches des vaches auvergnates tintent paresseusement dans le matin frais en approche du contrôle du Château de Pesteils… dont l’accès surprend par un raidillon grimpant direct en tournant en ville. Juste après le pointage, une pluie fine se met à tomber… et c’est parti pour trois jours de flotte continue !
La route n’est pas difficile, mais les averses se succèdent et ma veste n’est plus franchement étanche à la longue. Je me réfugie à l’église de Brezons dont le porche accueille le vélo au sec et dont la porte se tient là, ouverte, comme une invitation aux voyageurs trempés. Après un instant contemplatif et ayant enroulé une couverture de survie entre mes vêtements pour espérer moins d’humidité, je repars sous une bruine momentanée… avant que les précipitations ne redoublent. La protection est bien sûr illusoire, mais éloigne au moins le froid.
La journée se poursuit en pointillé, en relief comme en averses, et je marque un arrêt dans l’épingle face aux ruines du Château d’Alleuze. En se retournant, la Vierge et la petite église St-Illide dans leur écrin rocheux, méritent le coup d’œil malgré le crachin. En route vers St-Flour, je m’arrête pour profiter de la vue au belvédère de Mallet en contournant le Lac du Barrage de Grandval. Le viaduc de Garabit que j’ai toujours plaisir à retrouver n’est plus très loin. J’y suis passé de nuit – il y a un mois – au cours de mon triplé des BCN / BPF de Haute-Loire, Ardèche et Lozère.
Le pont de Gustave Eiffel m’avait alors semblé un peu pâlichon, et aujourd’hui la grisaille pluvieuse me confirme que le rouge éclatant d’il y a quelques années a viré au rose fuchsia. Remonter de la vallée de la Truyère est le dernier effort de cette petite journée – en kilomètres – mais qui a quand même bien grimpé.
Après la pluie et la longue journée d’hier, j’ai du temps pour une vraie douche au lieu d’un décrassage improvisé, une bonne lessive des fringues, le séchage du tout pendant que je peux dormir quelques heures dans un lit plutôt qu’à la belle étoile… même si ce sera le seul de toute cette semaine ; mais c’est bon pour le moral, et le vrai bonheur est souvent dans la simplicité !
5) Mercredi : St-Georges – Sauret-Besserve : 195km 3010D+
Comme pour Aurillac, je me lève tôt pour passer St-Flour avant l’heure de pointe. J’avoue que j’ai du mal à échanger le confort de mon lit contre la compagnie de la pluie ! La ville semble avoir été bâtie tout en pente, et il faut la traverser… dans le sens de la montée.
Le château du Sailhant se fait discret derrière les arbres, et rejoindre le contrôle d’Allanche est pénible dans le crachin et le vent contraire. Rien n’entrave le souffle sur le plateau désertique d’altitude du Cézalier. La Godivelle marque l’épicentre de cette solitude au paysage merveilleux et dépouillé… auquel les averses ne rendent pas justice ! En revenant dans un univers plus familier, le lac Pavin reste invisible derrière son rideau d’arbres et de furtives apparitions ne laissent entrevoir, avec le mauvais temps, qu’un trou d’eau noir. Passé Besse-en-Chandesse en remontant vers Beaune le Froid, le château de Murol se dévoile complètement – comme un cylindre trapu pas très beau – sur son tumulus à mesure que l’on s’en éloigne. Après ceux de la Malmouche et de Montgreleix du matin, pas de cols très dur dans cette journée de montagne. Je retrouve un duo que je connais bien.
Celui de la Croix-Morand d’abord, plus sympathique de nuit sous les étoiles loin de la pollution lumineuse et avec les sommets voisins en ombres chinoises… que ce début d’après-midi sous cette pluie fine obstinée. Dans ce sens, atteindre son binôme, le Col de Guéry n’est qu’une formalité, presque à plat et avec moins d’une centaine de mètres d’altitude à regagner. Le contrôle d’Orcival n’est plus très loin, toujours dans la facilité, en se laissant glisser du col. La basilique mérite qu’on s’y attarde un instant. En repartant, la route poursuit sa lente descente avant de se stabiliser vers les 800m d’altitude… puis de plonger en contournant le Viaduc des Fades.
Encore un monument que j’aime retrouver. Même s’il y a longtemps que le vieux pont ferroviaire ne sert plus à rien, il garde sa majesté, si impressionnant quand on pense au nombre de blocs de granit de son couple de piles – de l’ordre de 100 000 – posés à la chaux ; un travail de titans plus que de maçon ! Après être passé dessous et l’avoir vu de face au niveau du barrage, il faut grimper de l’autre côté de la Sioule car la route est toujours vallonnée. Le Massif Central s’éloigne, mais on n’est pas encore redescendu en plaine. Le soir s’installe et je m’arrête au village de Sauret-Besserve, dont l’église éventrée subit de gros travaux d’étaiement.
6) Jeudi : Sauret-Besserve – Narcy : 265km 2328D+
La journée s’annonce tranquille, toujours pluvieuse, mais après le contrôle de St-Gervais-d’Auvergne, à deux pas, on repart pour la dernière étape vallonnée. En passant par Lisseuil, j’avoue ma paresse impie de ne pas avoir été jusqu’à la source miraculeuse indiquée en bord de route. Peut-être ai-je eu tort de ne pas aller voir au bout du chemin.
Les miracles se méritent après tout… Tant pis pour moi ! Dans la sérénité du petit matin, le murmure de l’eau, le bois mort qui va à sa rencontre, la roche qui émerge autour, tout cela plante le décor grandiose des Gorges de la Sioule. S’en écarter se mérite ensuite par un raidillon à 10% passant devant le château de Chouvigny, se raidissant à 14% au passage de l’église avant de se poursuivre longuement à 7%, le tout sur deux bons kilomètres.
La route s’aplanit ensuite progressivement, et passé le contrôle de Château Fourchauld le profil se fait tranquille. Bon, il restera bien quelques belles montées comme celle permettant d’accéder à Bourbon-l’Archambault et de traverser le centre-ville, mais ne pinaillons pas, le chemin se poursuit ensuite sur de grands bouts droits bien roulants. Dans cette France rurale qu’on croirait figée les pieds plantés dans la poussière,
je suis surpris de trouver la petite place de Sagonne refaite depuis peu, moi qui l’avais vue il y a une dizaine de mois en terre battue dégradée. La cour du château, elle, est moins accueillante face aujourd’hui à ses portes fermées. Vous pouvez profiter de l’arrêt au contrôle, pour aller par le petit chemin, aux toilettes publiques cachées derrière l’église.
Elles sont articulées autour d’une inattendue aire de repos cyclo, et pour se décrasser il y a même de l’eau chaude aux robinets. La route se poursuit toujours facile, dans mon dos les nuages montent ventrus et très noirs, et bientôt je suis rattrapé par une forte averse de plus. Moment d’accalmie, même sous le crachin la cathédrale et le Palais Ducal se disputent le regard du passant transitant à Nevers. La fin d’après-midi se poursuit tranquille en remontant les bords de Loire à l’écart de la circulation. Le chemin est paisible et la lumière douce sur le paysage entre deux épisodes pluvieux pour atteindre La Charité-sur-Loire.
Troisième jour de flotte, veste de pluie définitivement plus étanche, en changeant de cap je lambine face au ciel qui forme un mur sinistre planté devant moi. Je ralentis, fait des pauses pour lui laisser de l’avance… mais cela devient frustrant, agaçant… et on ne gagne pas à tous les coups face à l’humidité ! De guerre lasse je m’arrête trempé à Narcy, en me disant que demain, qui devrait être redevenu enfin sec, je pourrais en principe regagner distance et vitesse.
7) Vendredi & samedi non-stop : Narcy – Les Ponts-de-Cé : 576km 3400D+
Le jour se lève, et comme promis par la météo le soleil est revenu, pas un nuage à l’aube. Cependant, la température reste glaciale, sensation renforcée par mes vêtements restés trempés de la nuit. Je file sur la vaste plaine sans vraiment sentir mes orteils gelés. Voilà, maintenant c’est du tout plat… ou presque. Il n’y a pas trop à rentrer dans le détail, il faut filer, tracer sa route, sans les bosses pour entraver la vitesse. La seule chose propre à vous ralentir sera le temps passé en selle, et sur le plat il y a moins de répit pour soulager son assise en roue libre.
Vu les problèmes que j’ai toujours eus de ce côté-là en longue distance, les dernières centaines de kilomètres ne sont pas si sereines mais je continue à avancer. Les contrôles s’enchaînent, la température monte enfin. Le château de Druyes-les-Belles-Fontaines, et surtout avant lui son église, sont magnifiques.
Je m’amuse avec la géométrie insolite des 7 Écluses de Rogny, passe sur le pont-canal de Briare sans retrouver en plein jour l’aspect magique lorsque j’y suis passé de nuit sur mes BPF / BCN de l’Orléanais, et Jargeau m’apparaît comme un gros bourg impersonnel. Je suis dans les temps pour atteindre Chambord au soir, pour contempler l’incroyable château dans une lumière dorée,
et en arrivant dans le parc un énorme sanglier bourru traverse sous mes roues, me rappelant qui est le maître des lieux à l’heure où les touristes s’évaporent. Après cet instant contemplatif je n’ai plus trop le courage de repartir, il reste 300km mais je n’ai pas envie de passer une nuit de plus sur la route… alors autant la passer à rouler ! Et puis quand même, un château comme Chambord que je n’ai jamais vu de nuit doit bien être éclairé, et ça doit être plutôt sympa, alors c’est décidé, je continue pour une nuit blanche, mais avant, je m’arrête pour un bon décrassage aux toilettes publiques de Tour-en-Sologne. Je pourrais faire une pause en toute discrétion en face, dissimulé sous le porche de l’église, mais non, j’ai dit que j’allais rouler alors je repars récuré de la tête aux pieds. Pas beaucoup d’éclairage dans les villages traversés, le doute s’installe,
mais le château de Chissay dans la lumière me rassure… mais les dés sont pipés, c’est un hôtel, il faut bien qu’il reste visible. Grosse déception, donc, quand j’arrive au Château de Chenonceau plongé dans la pénombre ! Arriver et repartir par le sentier est totalement improbable de nuit,
rien de lisse mais toute la terre battue se ressemble entre les troncs d’arbres. Le sol est peuplé d’ornières, de grosses racines, de tout ce qu’on veut d’hostile quand on n’y voit pas grand-chose. Revenu sur la route le chemin se poursuit tranquille de nuit, la traversée de Tours est sereine pour atteindre le contrôle de Rigny-Ussé à l’aube, sous le crachin revenu
une fois de plus… le répit n’aura été que d’une journée, mais la fin approche. Moment d’humilité – et d’humidité ! – en passant par la forteresse de Chinon, mais c’est en se retournant après l’avoir passée qu’on se rend le mieux compte de son gigantisme. Le Château de Saumur marque le dernier pointage intermédiaire sous une dernière saucée monstrueuse. Il reste à tournicoter un peu dans les terres en s’écartant de la Loire comme pour prolonger le voyage, mais ma progression ralentit, devient pénible. Un vent fort s’est levé.
En étant positif, au moins il va m’aider à sécher ! Curieusement, il semble contraire quel que soit le cap, soufflant par rafales jusqu’à l’arrivée aux Ponts-de-Cé que j’atteindrai en tout début d’après-midi… le samedi suivant après être parti, une semaine et presque 2000km plus tard. Fin d’une fantastique aventure – tout à fait accessible avec un peu de persévérance – que je vous recommande vivement.
