La Réconciliation 2021 en BRM 1600 km

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Cette fois-ci, pas de compte rendu trop détaillé. La distance à accomplir est trop longue pour pouvoir tout raconter. Une Traversée de France ça se vit avant tout, alors j’espère seulement vous en donner envie, car ça vaut vraiment le coup… et puis cette fois je n’aurais pas trop le temps de prendre des notes, des photos, le temps sera un combat hémophile. En effet dans le contexte de cette période trouble, COVID oblige, le couvre-feu amputera la durée de ce brevet, neutralisera les heures de nuit, laissant à qui respecte la légalité au pied de la lettre juste le temps d’un Paris-Brest-Paris – 91h exactement, mais n’ergotons pas pour une heure – à rouler… mais en devant effectuer 400km de plus, sur un tracé essentiellement montagneux sur cette rallonge. Dur, dur, donc. Ayant toujours bouclé mes PBP en moins de 80h, il m’en reste donc une douzaine pour effectuer 400km, cols compris… ça va être franchement juste avec un cœur rafistolé, pour considérer tous les paramètres du problème. Il va falloir filer sans s’attarder où que ce soit, et c’est vraiment dommage pour cette organisation de Stéphane qui nous concocte toujours des parcours à ne pas rouler idiot !

1) Ste-Mère-Église – Saint-Valery-en-Caux

Tout le monde est là, pour ma part je n’ai aucun mérite, je me suis juste extrait de ma caravane vintage louée au camping situé à deux pas…. et j’étais bien ! 6h, une certaine inertie règne dans le groupe, 6h10 je trépigne. Le chronomètre tourne déjà et à 21h plus personne ne doit être dehors… et je n’ai rien prévu pour les nuits où légalement parlant il ne faut pas que je couche dehors ! Comme d’habitude, ce sera à la belle ou à la mauvaise étoile. Je me cacherai n’importe où… où j’arriverai. Ma tactique sera de faire un maximum de distance dès le départ, pour être plus tranquille, ensuite, quand les choses se compliqueront pour moi, arrivé en zone montagneuse où je suis toujours extrêmement lent, et où il faut y aller maintenant en douceur, pour prendre soin de ce cœur rafistolé, de cette pompe pontée, de cette valve fuyarde, de ses traces merdiques au test d’effort. Fragile, quoi ! Assez cogité, je pars vite fait donc, bille en tête dans le brouillard, seul, les autres lambinent, pas trop décidés. Un univers bien connu, les plages du débarquement. La brume se dissipe plutôt vite. Des routes familières sur toute cette première journée en fait… et elles le seront également à d’autres moments, plus tard. Ça commence plat, comme prévu. Essayer d’aller jusqu’à Dieppe, boucler sans traîner 360km aujourd’hui serait déjà très bien. Les premières étapes se passent avec les contrôles par questions du carnet de route.  Avec mon esprit tordu, je pinaille sur les réponses. Comme un petit goût de chasse au trésor, de jeu de piste. Sur fond de guerres passées, un fond apaisé maintenant, mais qu’est-ce qu’on a pu massacrer pour un bout de terre, pour dire c’est à moi et pas au voisin, pour être le plus fort, pour avoir raison, pour quoi finalement ? Est-ce que quelqu’un le sait vraiment ? Qu’est-ce qui peut faire qu’un être né d’un côté d’une frontière est foncièrement différent d’un autre être, né à seulement quelques kilomètres de là, mais de l’autre côté ? Qu’est-ce qui le justifie ? Une berge de rivière, une crête de montagne, une ligne imaginaire, une simple construction mentale ? Je fuis et le temps file. Milieu d’après-midi, me voilà en vue du Pont de Normandie. Le géant haubané se dresse sur ses pieds, faisant le grand écart sur cette terre séparée par la Seine, et maintenant unifiée par l’ouvrage des Hommes. Quelque chose cloche. Je ne reconnais pas trop les environs. Compliquée l’approche pour les vélos. Elle n’a jamais été bien indiquée, pas une priorité apparemment, le cycliste par ici. Depuis mon dernier passage, il a poussé une énorme zone commerciale sur la lande. Une de plus. Est-ce que cet appétit féroce et mercantile sera rassasié un jour ? La frénésie de consommation a-t-elle réussi à rendre, au moins une fois, les gens plus heureux ? Je ne sais pas. Après un bon détour, j’arrive à longer la voie rapide, les voitures filent cinq ou dix mètres au-dessus de moi. Le chemin est là-haut. Il n’y a qu’à grimper le talus le vélo à la main, pour aller au plus simple maintenant que je suis là, enjamber les barrières sans se casser la gueule les cales aux pieds, et me voilà sur la bande étroite réservée aux vélos, entre le territoire des bagnoles hurlantes et la bande des improbables piétons qui transiteraient par ici. Je ne me sens pas trop en sécurité. Sur l’autre rive je suis recraché au Havre… enfin presque ! Il faut traverser la ville tentaculaire – la rejoindre déjà – par la zone portuaire. Un goût d’immensité, de mégapole, d’éternité. Combien de temps pour l’atteindre vraiment, combien de temps pour s’en extraire ? En remontant plein nord, me voilà au contrôle de Bruneval. Au bout de la dépression rocheuse, revoilà la mer. Au-dessus de ma tête un homme bronze en chaise longue, installé sur mes ruines d’un bâtiment. Ambiance à la Christopher Nolan. Pour un peu je me croirais dans une scène d’ « Inception ». Je repars avant que la réalité se complique comme au cinéma ! Mon objectif de rejoindre Dieppe semble être trop optimiste, du nerf, il faut y aller. J’y suis presque. Saint-Valery-en-Caux, il faut se cacher, 21h arrive. Quelques heures à dormir, vite fait, comme le reste. Rustique.

2) Saint-Valery-en-Caux – Cerny-en-Laonnois

Je redémarre au cœur de la nuit, pas le choix, ne pas accumuler plus de retard dès le départ sur mon plan de marche. Pas si tôt sur le parcours. Je me dis que si la Marée Chaussée est insomniaque, elle sera sans doute davantage présente le soir à traquer le retardataire, qu’à se lever à 2h du mat’. On verra bien ! 3h30, je traverse Dieppe by night. Personne. Personne que moi, passager clandestin. Un vrai bonheur, une tranquillité que je n’ai jamais connu, moi qui adore rouler de nuit. Les petites routes se montreront protectrices, ni automobilistes ni flicaille, et revoilà 6h et la légalité retrouvée. La 2ème journée débute officiellement. Aller 360km plus loin. Faisable. Ça me ferait approcher la petite moitié de parcours en deux jours, de quoi avoir une bonne marge ensuite. En attendant, adieu la mer, place à la traversée de la Picardie. Je m’attendais à me perdre dans Amiens, et non, je m’en sors bien, avec ma simple carte et ma feuille de route préparée avant le départ. Pas de GPS, toujours pas envie de laisser la responsabilité de mon avancée à une machine ; toujours pas ! Pas envie de laisser mon destin, la direction de mes pas, mes heures, à un truc électronique idiot. Ne renversons pas les rôles, ce n’est pas à moi de faire le robot… Et puis c’est simple dans le principe : toujours naviguer vers l’est, mais un peu plus tortueux aujourd’hui. Un crochet autour d’Albert pour atteindre le pointage de Serre-Hébuterne. La petite chapelle veille sur la nécropole. Les oiseaux ne semblent pas s’étonner de ces courts arbres géométriques tous pareils, blancs, bien alignés. Toutes les mêmes les croix, pourtant tous différents les vivants. Et pour les morts ? La fraternité est-elle là, dans la terre ? Je n’en sais rien. Calcul mental rapide. Un certain nombre en largeur, un certain nombre en profondeur, pas tant que ça au fond, mais la vérité réside dans les mathématiques les plus simples : la multiplication donne le vertige. Tant d’âmes ! C’est reparti. Les coups de soleil d’hier me teintent aujourd’hui en brun. Le dessus des cuisses et l’extérieur des mollets est moins rouge. Entre les jambes, la peau est curieusement restée blanche. Quelques petites buttes sur la journée, rien de bien méchant. Impatience d’arriver à la Clairière de l’Armistice. Avant il faut traverser plein sud la Picardie. Péronne, Roye, l’approche de Compiègne, la fin d’après-midi se nomme impatience. Encore des routes connues. Je suis rejoint par un participant anglais. Premier cyclo rencontré en 2 jours ! Je le laisse filer en avant pour le retrouver au pointage de la Clairière… Et je ne le reverrai plus ! Une quinzaine de kilomètres plus loin je m’écarte des berges de l’Aisne. Je m’éloigne de la vie des villages, le paysage se trouve délaissé de la présence des Hommes. J’approche du Chemin des Dames. Nouvelle escale clandestine avant que le jour ne s’épuise totalement. Le sommeil pour quelques heures.

3) Cerny-en-Laonnois – St-Mihiel

Nouveau départ en fin de nuit, le troisième jour commence, accueilli avant l’aube par Napoléon et sa statue, à l’approche de Craonne. Je m’enfonce bientôt dans la Champagne céréalière. Plate, déserte, rien, ni routes ni villages. Le regard porte loin, un petit air de Beauce. J’atteins Valmy à midi. Depuis mon dernier passage, le village est resté le même : déshérence. Rien pour pointer, je ne m’attarde pas. Je sens que mon allure baisse comme le profil de la route se met à onduler. Je ne tiendrai peut-être pas mes objectifs des jours prochains. Pas si grave, j’ai de l’avance, d’où l’intérêt d’avoir bien roulé les deux premiers jours. Jusque-là tout va bien. 1600km à faire, première vraie sortie depuis un an, depuis le cœur remis à flot… où depuis je n’ai jamais dépassé les 100 bornes. Pari tenu, il tient bon à condition de l’écouter, d’y aller tranquille. Lâcher prise. Romagne-sous-Montfaucon, me voilà dans mon Triangle des Bermudes de l’Argonne, qui m’avait tant fait tourner en rond sur le BRM 1000 de Râches. Souvenir cauchemardesque, d’aube glaciale, de matinée perdue, de l’inextricable étrangeté du monde. Pas égaré cette fois. Le vaste cimetière américain est traversé par la départementale 123, saigné par une route qui n’est pas privée en traversant la nécropole ; je trouve le concept étrange et j’ai failli faire demi-tour. C’est sans doute une partie de l’explication de mon naufrage d’il y a quelques années : je n’avais pas osé passer par là, le cul sur la selle, je ne me voyais pas le faire, question de respect, mais c’est sans doute idiot. Montfaucon-d’Argonne, pour le plaisir je grimpe sur la butte. Juste un peu plus court que de traverser le village, plus âpre aussi. Beaucoup plus âpre. Pas de chance, le monument est ceinturé d’échafaudages. Verdun approche, Douaumont aussi. Le pont pour rejoindre Bras-sur-Meuse est coupé. Détour par le nord, par un bout de départementale aux bagnoles pressées cette fin d’après-midi. Dans la forêt de Verdun les oiseaux chantent. Sentiment de grande quiétude. Les abords de la Nécropole de Douaumont sont déserts. Pas un vivant. Je suis envahi de frissons. L’alignement des croix, froid, cru, est lugubre dans le jour laiteux. Je m’y suis déjà retrouvé de nuit, dans une ambiance totalement différente. Dans les ténèbres précédent l’aube, les premiers rangs de croix se dévoilent, le reste se suggère, se délite petit à petit au-delà d’où porte l’œil ; les morts se reposent, le poids des âmes se ressent dans les tripes, le recueillement est profond, s’impose naturellement. Fin d’après-midi nébuleuse, pas de circulation, seul, indiscutablement seul. Puis je grimpe au point X des Éparges. De ces traces de bombes, de ces cratères ces stigmates, combien d’âmes sont restées intimement mêlées à la terre tourmentée ? Je repense à mon grand-père que j’ai toujours connu en vieux bonhomme bourru, démineur volontaire en 40, la jambe sauvée miraculeusement après avoir sauté sur un engin explosif. Aurais-je eu son engagement, son courage, lui qui ne laissait voir que sa mauvaise foi de communiste obtus, sans doute non ! À l’approche de Saint-Mihiel il se fait tard, retour du couperet de 21h, nouvelle escale nocturne.

4) St-Mihiel – Conthil

L’aurore s’éloigne et j’arrive à La Tranchée de la Soif. Il est tôt, personne, je peux me payer le luxe de remonter tout le site rien qu’à moi. Quasiment l’heure légale de la fin du couvre-feu. Une voiture vient d’arriver sur le parking. Un vélo dépassant du coffre, deux mecs… c’est louche mais je m’en fous, du cardiaque ou du bien portant qui est le tricheur ? Celui qui ne respecte pas stricto sensu le couvre-feu mais qui roule, ou celui qui se fait avancer par un pote en bagnole pour rattraper le temps mort ? C’est si drôle au fond ! J’entame ma traversée de la Lorraine, contourne Metz par le nord. Je merdouille dans l’urbanisation, me perds pas mal, la navigation à la carte routière montre ses limites… L’arrivée au contrôle du Hackenberg me semble laborieuse. Dans les sanitaires du site je prends le temps d’un bon décrassage, d’une bonne lessive, et remets le tout sur le bonhomme. Enfin un peu de fraîcheur dans la chaleur de ce début d’après-midi. C’est plus agréable que de se laver à la sauvage avec le litre d’eau d’un bidon ! Papotage un instant avec les deux Dames aux camping-cars attendant leurs champions, décidément pas la même façon de faire… puis c’est reparti au sud, direction Morhange, que j’atteins au soir. Plus rien d’ouvert en ville, j’ai du mal à trouver ma direction, je déambule, je me perds une nouvelle fois. Pointage photo et c’est déjà l’heure du couvre-feu. Je me réfugie discrètement à la Nécropole nationale de Conthil. Des morts ou du vivant, qui veille sur qui ?

5) Conthil – Belfort

Je repars en milieu de nuit. L’air est frais, le brouillard léger. Après la traversée de Sarrebourg les choses sérieuses commencent. Ce matin je vais m’attaquer à la montagne, avec le Col du Donon en guise de hors-d’œuvre. La chaleur monte vite une fois le soleil revenu. Il n’est pas tard pourtant, l’effort de la montée sans doute. Ménager ce cœur fragile, voir comment il s’en sort à gravir un col. Pas trop mal finalement, en faisant quelques pauses aux rares endroits ombragés. Le Donon se laisse apprivoiser, il faut dire qu’on se connaît bien lui et moi, au moins la troisième fois. La descente vers Schirmeck offre un moment de récupération bienvenu. Après un pointage au mémorial, en milieu de matinée, c’est reparti. Je me perds dans la ville et sa banlieue. À Rothau, je ne trouve définitivement plus mon chemin. Je demande aux passants, aux habitants, sauf que ma direction ne leur dit rien… avant que je comprenne que tout le monde connaît le Struthof… mais pas le reste autour ! Passé le Mémorial de la Déportation, je pensais avoir un répit correspondant au Col de Cheitagoutte non indiqué sur la route, mais le profil continue à s’élever longtemps après, plus ou moins en faux plat jusqu’au Col du Champ du Feu, disposant d’un panneau, lui au moins. Dans la descente du Col de la Charbonnière je suis assailli par des nuages compacts d’insectes. Pas facile de garder les yeux ouverts dans la descente rapide au milieu des impacts continuels de la multitude de bestioles suicidaires. Il n’y a presque qu’à se laisser glisser jusqu’à Villé. L’après-midi commence à être très chaud. Je me ravitaille en ville ne sachant pas si j’atteindrai Sainte-Marie-aux-Mines avant la fermeture des commerces. La boulangerie offre une excellente escale, les recettes revisitées à la mode polonaise sont excellentes, de quoi donner de l’énergie pour grimper les 300m de dénivelé du petit Col de Fouchy. À Sainte-Croix-aux-Mines, la route commence à s’élever en faux plat vers le Col des Bagenelles. Souvenir du BRM 1000 de la TriRhéna. L’orage tombe, brutal, la grêle s’en mêle, furieuse. Mon imperméable commence à se faire vieux, plus étanche franchement ; et merde ! Je me réfugie dans un abribus. Le déluge s’éternise, puis se change en averse interminable. Assez de temps perdu, je préfère repartir. Je suis doublé par un allemand avec lequel j’ai tenu une conversation improbable au camping de Sainte-Mère-Église avant le départ, lui ne parlant pas français, moi pas plus l’allemand, et tous deux baragouinant un anglais très approximatif. Il semblait étonné de me voir si peu chargé pour participer en formule BRM en totale autonomie, et il semble étonné de me rencontrer là après presque cinq journées de route. La solitude de ce brevet est impressionnante, ce n’est que le deuxième participant qui me double ! À Sainte-Marie-aux-Mines la pluie redouble, je dépasse le cyclo allemand réfugié sous un porche, chacun son tour ! Il me rejoindra plus tard, dans l’ascension du col, et je ne le reverrai plus. J’arrive au Col des Bagenelles en début de soirée. Je le connais déjà, grimpé lui aussi sur la TriRhéna, sous les orages aussi à l’époque… et qui avait eu raison de mes genoux, tendinites. Le mimétisme est total, les articulations me font mal. Je crains l’humidité, mais cette fois ils tiendront bon, grâce au vélo léger et à ses plateaux ovales avec lesquels on peut plus facilement soulager un côté sur le point de se gripper, en faisant davantage travailler l’autre. En haut il n’y a qu’à se laisser glisser jusqu’au Bonhomme. Le couvre-feu est décalé à 23h à partir de ce soir, juste le temps d’atteindre le pointage du Mémorial du Linge en tout début de nuit, sous la pluie fine. Pour arriver là, l’approche d’Orbey me semble laborieuse, longue, si longue, le contournement de Labaroche interminable. Je décide de poursuivre mon chemin pour cette dernière nuit. La faute au sac de couchage minimaliste qui fait office de sauna, et sent vraiment le rat mort à force. Pas question de me renfiler une fois de plus là-dedans ! Le parcours est désertique, à l’écart des villages ; la rencontre avec les gendarmes plutôt improbable. D’un autre côté, j’ai du mal à comprendre que le Virus puisse être inactif de jour et virulent la nuit où je déambulerai sans être au contact de qui que ce soit… question de logique ! Bref, je longe le Lac Blanc, le Lac Noir, avec l’altitude et l’humidité, l’air me semble froid. La progression sur la route des crêtes offre peu de répit, pas beaucoup d’occasions de se mettre en roue libre. J’ai les fesses qui commencent à être bien attaquées par les rivets de ma vieille selle Brooks qui m’offre toujours si peu de recul, mais un cuir de plus en plus racorni. Au Markstein, je m’accorde un arrêt de dix minutes pour somnoler, récupérer un peu avant l’ascension du Grand Ballon en fin de nuit. Pas beaucoup de dénivelé à gagner, mais quand même ! J’y passe avant l’aube. Le Veil Armand n’est plus très loin, dans la descente enfin, pointage au petit jour pour se laisser glisser jusqu’à Cernay. La fin n’est plus très loin. Après quelques soubresauts du relief pour atteindre Rougemont-le-Château, Belfort se dévoile, presque inattendu au sortir de la forêt de Roppe. Jeudi matin, à peine en milieu de matinée, à peine plus de 5 jours et le pari est gagné. Deuxième arrivé, j’ai su finalement garder une bonne marge sur les délais du BRM, malgré une lenteur terrible en montée de cols… Pas si mal, finalement !

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