Bertin C220 – (1984)

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Les modèles C210 et C220 de Bertin sont souvent associés. En effet, ils partagent le même cadre. Seul leur équipement permet de les différencier : Shimano 105 « Golden Arrow » pour l’un et 600 « Arabesque » pour l’autre… mais je ne suis pas totalement certain de qui est qui. Comme le 600 est antérieur au 105, logiquement dans la numérotation constructeur le C210 précède aussi le C220 ; donc toujours logiquement, le C210 possède un groupe 600 « Arabesque », et le C220 un 105 « Golden Arrow ».

Shimano vient tout naturellement équiper la production Bertin, car il en était l’importateur en France depuis le début des années 70. Par contre, à la demande du marché américain, les Bertin étaient livrés là-bas entièrement équipés d’éléments français… plus valorisants outre-atlantique, face à du japonais !

 

Présentation :

Voyons donc à quoi ressemble ce C220.

Partons du cadre. Il est construit à partir d’un boîtier de pédalier RGF français, de pattes Gipiemme italiennes, de 3 tubes principaux en Columbus Aelle… et pour les autres, mystère, mais sans doute pas en tubes de chauffage central !

le cadre fait donc dans l’éclectisme, et pourtant sa construction d’apparence soignée ne doit pas être si mauvaise, avec un dessin de fourche tout en finesse pour un vélo complet sous la barre des 10kg (pour un bon gabarit de 58).

Je dois tout de même vous avouer que pour vous présenter ce vélo, je lui ai monté une roue arrière convenable. La jante d’origine, partie à la poubelle, était irrémédiablement en 8… sans doute le résultat d’une ancienne rencontre par l’arrière avec une bagnole. Heureusement, rien d’autre – pas même le cadre – n’a souffert.

Je dispose d’une roue équipée d’une jante pour boyau Mavic Spéciale Sport, mais d’une époque différente avec son lettrage doré plutôt qu’argenté… Tant pis, au moins c’est un modèle du même nom. Restera à transférer le moyeu d’origine, un Shimano équipé d’une roue libre Atom 77 en 6 vitesses, à la place du Normandy à grandes flasques monté provisoirement sur le vélo. Notez que celui de l’avant, de moyeu donc, est plutôt du genre oxydé. Pas forcément évident à ravoir, ce Shimano. En tout cas, les deux roues méritent des rayons neufs.

 

 

En plus d’être l’importateur Shimano pour la France, André Bertin a également fondé la Marque Milremo… Ce qui explique la présence de cette selle Milremo Profil…

Mais par contre, comme déjà vu, les pattes de cadre sont curieusement des Gipiemme alors que d’autres cadres Bertin sont montés en Milremo. Problème d’approvisionnement ou effet de gamme ? Mystère. Le cintre n’est pas non plus rebaptisé Milremo, mais un véritable Philippe Franco Belge associé à ce qui ressemble à une potence Atax.

Le jeu de direction paraît assez ordinaire. Notez l’étiquette du revendeur Picard toujours en activité… mais recentré sur le montage de pneus automobiles et agricoles !

Pour en finir avec les périphériques, ces pédales Lyotard 82 d’époque sont le seul élément qui fasse un peu camelote sur ce vélo. Leur forte oxydation n’aide pas non plus à donner une bonne image.

Si vous vous souvenez du début de cet article, C210 ou C220, Shimano 600 ou Shimano 105, fromage ou désert… Pardon, je m’égare. Ici, le groupe est en Shimano 105, le premier de la lignée, le « Golden Arrow » d’une esthétique très réussie, décorative tout en restant sobre, évitant de faire trop vieillot.

L’impression générale doit beaucoup aux manivelles d’un dessin sportif moderne pour l’époque.

Même le dérailleur arrière a su éviter l’écueil d’en faire trop, contrairement à un 600 « Arabesque » à la déco trop chargée. Notez la chaîne totalement grippée, au point où elle semble être faite d’une seule pièce !

Pour l’avant par contre, avec la fourchette et le collier décorés, c’est limite ; on a bien failli sombrer définitivement dans le kitsch !

Pour commander tout ça, la paire de manettes possède aussi ses « flèches dorées » au recto et au verso.

Pour finir, pour stopper disons même, parlons des freins. Je sais, c’est facile ! Ce sont également des Shimano 105 « Golden Arrow » : leviers, dont les cocottes ont disparu avec le temps …

Et étriers, dont les pièces chromées méritent d’être dérouillées… Sans parler des boyaux à remplacer impérativement.

Voilà, le travail de restauration est raisonnable pour ce course, qui même s’il n’est pas exceptionnel, reste un beau vélo.

La restauration :

Pour commencer, refaire une bonne paire de roues permettrait de repartir sur une base saine. La solution des deux jantes Mavic Spéciale Sport d’époques différentes ne me convient finalement pas. Pour la roue avant d’origine, elle sera conservée, là-dessus il n’y a pas à négocier ! Mais pour l’arrière dont il ne me reste que le moyeu et la roue libre  ? En cherchant bien, je dispose d’une roue inconnue – a priori Mavic – j’où je peux tirer une jante intéressante. Tout d’abord l’anonymat a du bon : on ne voit pas que ce n’est pas la même série de Spéciale Sport, et mieux, on ne voit pas qu’il ne s’agit pas du tout d’une Spéciale Sport ! Alors pourquoi choisir cette jante ? La trace de l’étiquette laisse à penser que les deux roues sont de même provenance, ensuite le profil et la largeur des deux jantes sont absolument identiques. La seule différence vient des œillets. Ils sont simples sur la Spéciale Sport, et traversant sur ce qui ressemble fortement à une Monthléry Route. Donc une fois les boyaux en place… ni vu ni connu ! Et avec l’avantage de la solidité pour l’arrière, avec les œillets traversants de la Monthléry Route. Bref on fait du trompe-couillon intelligent ! Il ne reste plus qu’à polir tout ça et refaire le rayonnage des deux roues.

Redonner un peu de brillance aux moyeux prend du temps. Je pensais l’aluminium oxydé en profondeur, irrécupérable… mais finalement non , Shimano c’est du costaud !

Ici la différence entre l’arrière poli et l’avant encore dans son état « sorti de grange » est impressionnante.

Hé hop, l’avant aussi reprend vie !

Les roues refaites, ça brille !

Avant de monter les boyaux, on s’aperçoit encore de la différence entre les modèles de jantes.

 

Mais une fois ces Lion Tyres GT 30 vintage en bon état – en fait des Vittoria fabriqués en Thaïlande – mis en place, l’illusion est parfaite.Le problème des roues étant réglé, on peut passer à la suite…Lors de la mise à nue du cadre, si la plupart des éléments se sont démontés très facilement, d’autres comme le jeu de direction et les cuvettes de pédalier étaient bien grippés. Le boulon de selle finira par casser plutôt que de se laisser dévisser !

Les billes du jeu de direction sont restées bien graissées… mais curieusement il en manque beaucoup sur les deux chemins de billes. Difficile d’imaginer que c’est la configuration du montage d’origine de Bertin ! Il s’agit plutôt d’un entretien approximatif d’amateur. Bien entendu, les billes seront complétées au remontage.

Le rhabillage commence. Une fois nettoyé, le bleu triste et terne du cadre est redevenu discrètement métallisé ; la teinte n’a pas trop passé.

A suivre …

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