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Après avoir achevé Les Pyrénées avec les BCN / BPF du Roussillon, il reste cette fois à terminer le Massif Central par son cœur, formé des départements du Cantal et du Puy-de-Dôme. Ce circuit pourtant montagnard, tournant autour de Clermont-Ferrand à Aurillac ne grimpera pas à la rencontre du Puy Mary et du Pas de Peyrol. Cette sortie, sans être facile, restera donc assez accessible en quelques jours avec un minimum de persévérance.
Un bon dénivelé à franchir cependant, mais avec seulement 10 cols au programme, et encore, moyennant de courts détours sans lesquels il aurait pu y en avoir que 7 ou 8 à gravir :
- le Col du Baladour (1207 m)
- le Col de la Croix de Baptiste (1229 m)
- le Col de Cère (1294 m)
- le Col de Curebourse (994 m)
- le Col de Néronne (1241 m)
- le Col d’Aulac (1228 m)
- le Col de la Besseyre (1048 m)
- le Col de la Ventouse (964 m)
- le Col de Ceyssat (1078 m)
- le Col de la Moréno (1062 m)
Un lundi matin d’août sur la ligne SNCF Paris-Clermont. Fidèle à sa réputation, le train nous fait arriver en retard. Pas grave, juste 20mn, pas de quoi en faire une montagne… puisqu’on y va, justement ! En sortant de la gare de Riom (ici on prononce le M comme un N, donc dites rions, comme en conjuguant le verbe rire) la ville s’efface assez vite pour la campagne. Le circuit commence agréablement ; facile. En approche de Lezoux,
les montagnes ressortent du voile atmosphérique comme pour annoncer que dans une vingtaine de kilomètres c’en sera fini du terrain plat. En progressant vers Courpière, la route prend du relief dans de longs vallonnements sinueux. En tout début d’après-midi, il fait déjà très chaud. Je m’arrête aux toilettes publiques attenantes à la petite église Notre-Dame d’Espinasse, dans un décroché de la route menant au premier pointage d’Aubusson-d’Auvergne, tout près.
Le village est minuscule, a priori rien pour y pointer. Les averses me précèdent de peu, le bitume ruisselle de flotte. C’est reparti sans trop de raisons de s’attarder, du coup. Après quelques kilomètres en montée, une longue descente sinueuse très agréable apparaît en quittant Augerolles, puis dans le paysage dégagé les vallées se creusent, mais la route évolue en un vallonnement doux. Je m’arrête faire l’appoint des bidons, cet après-midi ressemblant à tous les autres, dans cet été caniculaire qui s’éternise.
La température repart à la hausse, implacable, après ces averses qui n’ont apporté qu’une fraîcheur temporaire. Mauvaise pioche, pas de robinet d’eau aux toilettes publiques de Tours-sur-Meymont. La petite fontaine située juste à côté comporte un écriteau « baignade interdite »… mais je ne vois pas comment on pourrait y arriver sans être contorsionniste, alors comme il n’y a pas d’autre interdiction ni mise en garde,
j’en conclus que la boisson doit être au moins tolérée, à défaut d’être recommandée. Le goût ne me paraît pas suspect au-delà du goût métallique des sources de montagne, alors j’en remplis mes gourdes. En passant par Les Gouttes, le lieu-dit me fait sourire. Jusque-là je passe plutôt bien au travers… On verra pour la fin du parcours, jeudi, prévu humide. En quittant Lanau, s’arrêter un instant au panneau de sortie du village permet de découvrir – dans son dos – les magnifiques vestiges du château de Léotoing dominant fièrement les hauteurs, sur cette route qui reste facile jusqu’à Massiac. Avant même d’être ressorti de la petite ville, la route se cabre.
Pas de doute, on est déjà dans la montée menant au Col de Baladour. Après un début plus exigeant sur quelques kilomètres, la côte se radoucit. Au sommet, le col suivant, celui de la Croix de Baptiste est tout près, accessible via un détour insignifiant qui ne demande presque aucun effort… ça aurait été dommage de s’en priver ! À partir de là, la descente mène jusqu’à Allanche, où la route reste ensuite facile. Je traverse Neussargues au crépuscule. Sur les grands bouts droits en faux plats déjà envahis de ténèbres,
seule l’église de La Chapelle-d’Alagnon présente un îlot de blancheur dans le paysage obscur où l’horizon est orné de cette dentelle noire de montagne endormie. Le contrôle de Murat est tout proche, mais il est trop tard pour le valider. Il faudra patienter jusqu’au lever du jour pour pouvoir pointer et repartir.
En sortant de la ville le relief est toujours là, des deux côtés de la route, et l’ascension vers Le Lioran et le col de Serre commence doucement. Sur la petite route parallèle à cette N122 presque incontournable que ce circuit cherche le plus possible à éviter, je fais le plein des bidons devant le cimetière de Laveissière. Jusque-là, aller à la rencontre du Col de Cère se fait plutôt à plat,
puis en sortant de Fraisse-Haut la montée s’établit à 6%, s’adoucissant de moitié à 1km du Lioran. Dans le village, bien sûr je n’ai jamais eu l’intention de prendre le tunnel qui écrête la route. Grimper vers le Col de Cère et passer juste à côté, quelle drôle d’idée tout de même ! De toute façon, et de une je n’ai pas le droit m’y engager – c’est interdit aux vélos – et de deux il est fermé pour travaux.
Hé merde, je me retrouve donc gratifié de tout le trafic automobile ne pouvant pas prendre le raccourci creusé dans la montagne, mais à 7h du mat’ c’est encore tranquille. La montée est inégale du Lioran au Col de Cère, puis passé le sommet une magnifique mer de nuages apparaît en début de descente. Il n’y a qu’à se laisser glisser dans la pente sur le grand axe. Vite fait, je plonge dans la mer de nuages et arrive au contrôle de Thiézac dans une lumière crépusculaire.
En repartant, l’ascension du Col de Curebourse est facile sur des pourcentages modestes. En haut, le vaste panorama qu’on devrait en principe pouvoir contempler est totalement bouché par l’horizon laiteux de la mer de nuages, particulièrement tenace. En arrivant sur Pailherols après avoir regagné les 200m d’altitude – et même 50m de plus – perdus à la descente du col de Curebourse, je sors enfin de la nébulosité en progressant sur une montée plus sérieuse à 6-7%. Depuis ce matin je croise les routes du Tour de France passé ici le mois dernier.
Dans une atmosphère débarrassée de son voile opalin, l’horizon s’ouvre momentanément sur un paysage ras et dépouillé, digne d’un causse. Après Pont-la-Vieille, une bonne descente permet de récupérer des efforts du début de matinée. Le chemin se poursuit ensuite, facile. Nouvel arrêt au robinet du cimetière de Saint-Martin-sous-Vigouroux, en sortie de village, où la route repart dans une longue côte sur près de 5km. Le joli village de Pierrefort se voit de loin, perché de l’autre côté de la vallée autour de son éperon rocheux.
S’en éloigner est très agréable, avec une bonne partie à l’ombre jusqu’à la descente menant au Pont de Tréboul où l’on voit par intermittence, à travers les trouées de la végétation, les gorges de la Truyère. La route remonte ensuite, de la rivière jusqu’à Lieutadès sur des pourcentages raisonnables autour de 4%. À partir de là, les longues montées feront doucement prendre de l’altitude – autour des 1000m – pour arriver au contrôle de Saint-Urcize.
Pour quitter le petit village, il faut affronter une forte montée à 15 %. Arrivé en haut du raidillon, un calvaire marque la fin de ce mini-chemin de croix… c’est le cas de le dire ! Comme sur l’étape précédente, les longs vallonnements se font cette fois autour de 1200m d’altitude… en redescendant très nettement pour accéder à Laguiole, la cité de la coutellerie célèbre aussi pour ses copies de mauvaise qualité cultivant la confusion !
Le centre-ville est grouillant de touristes, et on ressort du village largement sous les 1000m d’altitude. Plus loin, Le Bousquet est un hameau minuscule dont seul le joli château émerge de manière notable, avec son portail rouge criard d’un parfait… mauvais goût ! Après Volonzac, la route redescend encore pour finir à Lacassagne à 360m d’altitude, de quoi douter qu’on se trouve toujours en montagne, et pourtant !
Bien vite le terrain le confirme, et de Couffinhal à Monsalvy la côte est interminable. La petite route mal entretenue serpentant entre les hameaux dispersés sur près de 10 km fait reprendre plus de 500m d’altitude après avoir traversé le pont sur la Truyère. Début de soirée, l’arrêt à Montsalvy est nécessaire pour ne pas arriver trop tôt au prochain pointage. Quelques heures à tuer, et en repartant vers la fin de nuit, la route est tranquille. Personne dans l’obscurité, dans la descente jusqu’à Labesserette, ni dans la montée pour s’en éloigner.
Après Lacapelle-del-Fraisse, en route vers La Salvetat, les lumières de l’agglomération d’Aurillac s’étalent dans le lointain. La fin d’étape jusqu’à Saint-Mamet-la-Salvetat ne présente pas de difficulté.
Tout de suite en repartant, je voyage plus loin que je n’aurais pensé… en traversant Alger et Constantine, deux hameaux parmi tous ceux de Saint-Mamet-la-Salvetat, mais à la thématique étonnante dont je n’ai pas d’explication a priori. Au petit jour, la campagne est prise dans des lambeaux de brume. Ce début d’étape est relativement plat. Le brouillard s’est dissipé en passant Laroquebrou, puis on plonge vers le cours de La Maronne. Bien entendu,
une fois passé le pont enjambant la rivière, il faut remonter plusieurs centaines de mètres de dénivelé en symétrie, pour passer la cuvette. La route prend ensuite du relief sur les grands bouts droits, pour devenir vallonnée de Pleaux à Ally où les longs vallonnements se font assez roulants. Le paysage se creuse d’une vallée profonde permettant d’apercevoir furtivement Puy Mary avant d’arriver au contrôle de Salers.
Le bourg est noir de monde, impraticable et grouillant de touristes agglutinés les uns contre les autres. Le contraste est saisissant entre les routes quasi désertiques de ce circuit, et quelques sites comme Laguiole ou Salers qui servent d’aspirateurs au tourisme de masse aoûtien, qui lui, semble totalement ignorer – mais après tout tant mieux – le reste de ces magnifiques départements.
Je connais déjà le village, alors autant le fuir au plus vite dans cette ambiance ! Avec Puy Mary en ligne de mire, la montée s’établit en pente douce pour atteindre le Col de Néronne, puis la descente sur Le Falgou est assez courte et tortueuse. Pas trop de possibilités de prendre de la vitesse, de toute façon il faut rester attentif à la myriade de cailloux formant une constellation de pièges échoués sur le bitume. Le Col d’Aulac se grimpe, lui, sur de vrais pourcentages, commençant à 6% pour finir à 8. Dans la chaleur de l’après-midi et entre deux ascensions, le cimetière de Trizac permet de faire le plein des bidons.
En quittant le village, on s’élève doucement sur les quelques kilomètres séparant du Col de la Besseyre sans avoir à trop reprendre d’altitude. La côte est courte et facile. La fin de cette étape est marquée par une longue montée continue depuis la sortie de Riom-ès-Montagne jusqu’au contrôle d’Apchon.
À l’entrée du village, les ruines du château se dressent sur leur éperon rocheux, puis on redescend par une rue étroite et tortueuse. De retour sur la route principale, on la retrouve en montée continue telle qu’on l’avait laissée avant le contrôle, depuis Riom-ès-Montagne. En bifurquant vers Le Caire – encore un lieu-dit à la présence étonnante – l’avancée se fait moins pénible. La route est vallonnée au lieu de n’être qu’en montée continue sur des kilomètres et des kilomètres, puis s’enfonce dans une longue descente en forêt, passé Lugarde.
Après Égliseneuve-d’Entraigues, de retour dans le Puy de Dôme, petit à petit la route devient moins vallonnée, se stabilisant autour de 1200m d’altitude en voyant, en approche, la station de Super-Besse accrochée au Puy de Chambourguet. Le grand trou d’eau noire du lac Pavin n’est plus très loin, ainsi que le contrôle de Besse-en-Chandesse auquel on accède par une courte et belle descente passant par Le Faux.
Au fait, Besse-en-Chandesse ou Besse-et-Saint-Anastaise ? Attention, les tampons récoltés auprès des commerçants comporteront le nom de la commune actuelle…. et donc le deuxième. Pour être en conformité avec la validation intégriste de ces BCN / BPF, prenez donc une photo – au cas où ! – d’un panneau d’entrée de ville, il en reste au nom de Besse-en-Chandesse.
Bref, en repartant le chemin très roulant est globalement en descente jusqu’à Murol, où l’on voit furtivement la silhouette massive du château. L’édifice est plus joli à mesure que l’on s’en éloigne ! Après l’avoir entraperçu à travers les trouées de la végétation, il apparaît à la suite de quelques lacets, plus nettement sur la plaine et dans une vision devenue plus sympathique…
J’étais déjà arrivé à cette conclusion sur le BRM 1950km de la Vie de Châteaux. Quelques kilomètres plus loin, je laisse glisser lentement dans mon dos la silhouette des Monts Dore, et les traversant, le Col de la Croix-Morand que je connais bien. Les sommets commencent à prendre du contraste, à s’obscurcir dans le soir au ciel encore clair. Même si l’on reprend petit à petit de l’altitude, le chemin reste néanmoins bien roulant sur les grands bouts droits.
Le crépuscule s’installe et l’arrivée au Col de la Ventouse n’offre pas vraiment de difficulté. C’est un petit écart dans le circuit, mais un col est un col, même cueilli dans la pénombre ! En repartant, le signal du Puy de Dôme se voit au loin dans ses lumières rouges. Comme une invitation à aller voir là-haut. Le moment est propice, vu que la route en spirale est interdite aux vélos de jour… alors à la faveur de la nuit… mais non, j’avoue ma flemme après ces 600km !
En lot de consolation les lumières dorées de l’agglomération clermontoise, bien étalées sur tout l’horizon, ont quelque chose de magique. Une pause nécessaire le temps d’attendre la fin de nuit, puis s’est reparti pour les derniers km de l’ascension du Col de Ceyssat qui commence au niveau des parkings, pour pouvoir pointer à l’aube.
En descendant du col et après avoir pris en forêt le chemin de traverse d’Allagnat, il y a moins de 200m d’altitude à reprendre pour se hisser au sommet du Col de la Moreno. Comme pour celui de Ceyssat, l’ascension se fait dans les bois. En haut, c’en est fini de la dizaine de sommets de ce circuit… mais pas des montées, car la suivante est un peu fastidieuse pour passer par Villejacques ; sinon la fin d’étape n’est pas très compliquée, avec un final en descente menant au contrôle d’Orcival.
En début d’étape, il faut profiter de l’instant en se laissant glisser sur les 10km de descente de Montcheneix à La Miouze. Après Gelles, la promesse du jeudi pluvieux se concrétise avec le crachin qui se met à tomber.
Le chemin monte jusqu’à l’autoroute, puis devient vallonné avec l’alternance de longues montées et de longues descentes, comme le ciel ne va pas arrêter de permuter gris et pluie. Beaucoup de circulation dans le village de Pontaumur. Conducteurs agressifs et dangereux dont la mauvaise humeur, qui semble ici généralisée, m’échappe dans cette bien petite bourgade pourtant. Que peut donc importer la pluie, bien au sec dans sa bagnole ? Sur cette fin d’étape se succèdent de très longs vallonnements, la plupart sur des kilomètres, permettent d’accéder au contrôle des Ancizes-Comps.
De nouveau comme pour Besse (en Chandesse ou pas, avec ou sans Anastaise), même dilemme toponymique aux Ancizes. Même flou dans les noms, entre ancien, actuel, vernaculaire, d’usage, de communes regroupées ou de je ne sais quoi d’autre ! Où aller chercher le Comps quand les panneaux d’entrée de ville n’indiquent que Les Ancizes tout court ?
Quoi qu’il en soit, et face encore une fois aux problèmes potentiels d’une validation tatillonne de ces BCN / BPF, pour pouvoir réaliser le pointage officiel des Ancizes-Comps et non pas des Ancizes tout court, on peut prendre en photo la façade de la mairie ou de l’ancien bureau de poste, chacun présentant le nom au complet. En repartant – en passant par Les Giraux – il faut affronter un chemin d’un kilomètre de plus (au départ) ou moins (vers la fin) grosses caillasses en légère montée. Graveleux ou simplement gravel, en tout cas le passage n’est pas forcément évident sous l’averse qui redouble pour brouiller les pistes.
Après avoir croisé l’autoroute A89, la route est globalement en descente, avec une bonne perte d’altitude jusqu’à Volvic… où la route d’accès vers le contrôle de Tournoël se cabre brusquement dans une rue étroite en montée. Le début du raidillon est à 12%, suivi d’un replat, et la pente reprend plus douce avant un dernier assaut à 11% pour accéder au village. À droite s’ouvre un vaste panorama sur Volvic et ses environs, et à gauche le chemin achève sa montée vers le château en s’acquittant d’une ultime grimpette.
Il ne reste plus qu’une vingtaine de kilomètres à accomplir, sans difficulté mais en milieu urbanisé, pour boucler ce circuit en revenant à la gare de Riom – Châtel-Guyon. Contrairement au départ, on traverse cette fois vraiment la petite ville, et le centre historique mérite à mon avis qu’on lui accorde un moment pour flâner en attendant le train… Bien que les teintes sombres de la Pierre de Volvic – rendues plus profondes avec le temps et la pollution – qu’on a pu rencontrer par ailleurs sur de nombreux bâtiments de circuit ne soient pas d’une franche gaieté… mais la succession des averses y est aussi pour quelque chose, simple question d’ambiance !
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Le parcours Openrunner N°24934482 réalisé : 730 km
La feuille de route détaillée
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