Le vélo décrit ici n’est pas un Mercier Spécial Sport adulte – généralement plus intéressant et de construction plus noble – mais un modèle enfant C. 600 avec ses roues de 600A. Trop petit pour être utilisable, il ne sera sans doute pas restauré, alors pourquoi en parler ? Tout simplement parce que ce genre de p’tits vélos se fait rare et l’on ne trouve pas facilement d’informations dessus.
Bref, voyons ça. Sur ce vélo à la silhouette bien proportionnée, les éléments sont adaptés au minuscule cadre de 48x48cm : cintre de 35cm, potence courte – ici beaucoup trop sortie ! – de 50mm, leviers de freins pour petites mains, et selle – pas si petite – digne d’un modèle de course étroit. Le pédalier, lui, dispose d’un plateau de 40 dents et de manivelles de 150mm.
Sur ce cadre soudé autogène – numéroté comme il se doit – un petit autocollant du vélociste est présent sur la base gauche : ce Mercier a été vendu par un bouclard de banlieue parisienne qui s’appelait Mercier lui aussi, Jean de son prénom, ça ne s’invente pas !

Détail plus ordinaire, l’espèce de pégase stylisé figurant sur le tube vertical est sans doute un peu étrange.
Passons au vif du sujet : la transmission. Sur le pédalier à clavettes tout acier – aux manivelles courtes de 150mm – le plateau paraît tout petit malgré ses 40 dents. Le carter de chaîne minimaliste est en aluminium, et les pédales taille adulte – vraisemblablement des Lyotard 136R – semblent disproportionnées sous leur bonne couche de rouille.
À l’autre bout, seulement 3 vitesses pour cette roue libre triple classique en 16-19-22. Un étagement serré plébiscité à l’époque ; de nos jours votre ado crierait à la maltraitance !
Pour faire fonctionner tout ça, un dérailleur Huret Eco est associé à sa manette Luxe plutôt du genre mastoc.
Malgré leur état décrépi, les roues ne sont pas si mauvaises. Jantes acier Saminox de Samir, qui contrairement à ce qu’évoque leur nom… n’ont jamais été en inox, mais moyeux aluminium Atom à papillons Sova.
Les pneus bicolores lignés d’origine sont en 28mm, c’est la largeur la plus courante du 600A – ETRTO 541 – de l’époque.
Le freinage – dont l’étrier avant a disparu – est confié à des Weinmann Type 734 en aluminium. 

Les leviers assortis, dont on voit l’anodisation rouge de l’axe transparaître à travers les craquelures des cocottes agonisantes, sont des modèles adaptés aux petites mains.
Finissons par les périphériques. La selle Luca se limite à une simple coque de plastoc… cohérent pour l’époque.
L’éclairage au complet est confié à du Soubitez monté sur des garde-boue en inox. La base plastique du phare avant s’est partiellement désagrégée – comme souvent pour les Soubitez de cette époque – et le capotage aluminium a été perdu.