La réfection des patins de chaussures de vélo

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À moins de posséder des chaussures haut de gamme, bien souvent les patins d’usure situés aux talons des chaussures ne se sont pas faits pour être remplacés. Or ils se détériorent assez vite pour peu qu’on marche un minimum avec, même simplement pour faire ses simples pointages en cyclotourisme. La marche devient alors encore plus périlleuse que d’habitude, et le pied trop relevé sur l’avant fait travailler les articulations dans de très mauvaises postures. Bref, la situation n’est pas bien brillante !

Vos chaussures étant sans doute encore en bon état par ailleurs, il serait idiot de laisser indéfiniment la situation se dégrader. Voici donc comment – cela n’a vraiment rien de bien sorcier – retrouver une posture moins bancale, plus sécurisante, et conserver durablement son capital équipement :

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L’état des lieux :

 

Voici donc sur cet exemple l’état neuf…

puis voilà à quoi le talon ressemble un moment plus tard…

et enfin l’état bien plus tard après avoir servi fidèlement bien des années. À ce stade, il est grand temps d’agir !

 

PatinChaussure2 Le matériel :

Pour recréer nos patins d’usure, ayant totalement disparu depuis un moment, il nous faut de la matière première, et de quoi la coller sur la semelle de la chaussure…

Et il faut naturellement que ce collage soit fiable, en étant compatible avec la semelle et le nouveau patin, car le but n’est pas de se retrouver par terre si un patin venait à se décoller !

PatinChaussure3 Comme le seul rôle de notre patin d’usure est dans le fond d’empêcher (tant bien que mal) la chaussure de déraper en marchant avec les cales, il suffit donc de réaliser ces patins avec un petit morceau de semelle antidérapante.

Pour s’en procurer, direction le petit cordonnier / clef minute de quartier. Généralement, comme il n’aime guère « rafistoler » les chaussures de vélo, après négociation, si l’homme est généreux il vous donnera de petits bouts de ses chutes de semelles ; s’il l’est moins, il vous en vendra un morceau. Dans tous les cas, il sera bien soulagé de ne pas avoir à s’occuper de vous chaussures !

Il existe bien entendu différents types, matières et épaisseurs de semelles… Choisissez donc un matériau le moins souple possible, afin de permettre un meilleur collage, et surtout d’assurer un assemblage qui tienne sans problème dans le temps. De toute façon, la semelle d’une chaussure de vélo est déjà tout ce qu’il y a de plus rigide, donc de la souplesse ne servirait à rien ! Pour l’épaisseur, voyez en fonction de l’usure à rattraper, ainsi que du redressement souhaité pour pouvoir marcher le plus naturellement possible.

Pour coller nos patins, donc, il nous faut une colle époxyde à deux composants (type Araldite) mais à prise lente (la prise rapide donne un collage moins robuste) et si possible de type industriel, c’est encore mieux.

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Maintenant, au travail :

La première étape consiste à réaliser un gabarit en papier reproduisant la forme de notre patin d’usure, le second étant symétrique au premier, alors un seul tracé suffit.

Il n’est pas forcément obligatoire de reproduire la forme à l’identique de ce qu’elle était à l’origine, il faut tabler sur du pratique et solide avant tout, sans faire dans le char d’assaut soviétique non plus !

PatinChaussure5Ensuite, il suffit de reproduire le contour de notre gabarit sur l’envers (c’est plus pratique, car c’est plus lisse !) de notre chute de semelle antidérapante du cordonnier. N’ayez pas l’esprit mal tourné, ce n’est pas porno !

Pour la découpe de la plaque, un bon (gros) cutter peut suffire, mais si la plaque est particulièrement épaisse et rigide, mieux vaut s’y attaquer à l’aide d’une scie à métaux, c’est plus prudent pour vos doigts !

À ce stade on vérifie que l’envers de la plaque ne soit pas trop lisse, et au besoin le rendre rugueux à la râpe ou au gros papier de verre, pour réaliser un collage de qualité. Le talon est déjà bien usé par la marche et ne pose donc pas de problème.

PatinChaussure6On vérifie que la forme soit correctement découpée, en la mettant en position…

Ici ça va.

La forme est un peu plus imposante qu’à l’origine, mais ça ne sera que mieux d’un point de vue stabilité de marche, et résistance à l’usure.

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Il ne reste plus qu’à encoller soigneusement la semelle de la chaussure d’une bonne couche de colle pour rattraper les défauts de l’usure due à la marche, qui n’est pas forcément d’une planéité exceptionnelle, mais dont le profil ne doit pas être trop corrigé, car il s’est formé à l’appui naturel de votre pied… si tant est qu’on puisse parler d’appui naturel en marchant avec de telles chaussures !

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Le nouveau patin est mis en place.

La colle déborde un peu, rien de grave, c’est même plutôt bon signe, ne l’essuyez surtout pas.

 

PatinChaussure9Avec de l’adhésif type du Scotch « magique », on assure le maintien ferme du patin dans la bonne position. Le ruban adhésif, en le pressant correctement, permet d’assurer le lissage correct de la colle qui déborde. On réalise ainsi un assemblage très solide.

Ne lésinez pas sur l’enrubannement, qui doit permettre un assemblage ferme et stable, le temps du séchage complet de la colle…

Voilà, il n’y a plus qu’a attendre patiemment le lendemain, en laissant les chaussures à l’horizontal dans un endroit chaud (20°C minimum permettent une prise de qualité optimum)… et de préférence hors d’une pièce d’habitation, car la résine époxyde peut se montrer irritante pour les voix respiratoires.

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Après déballage, voilà donc ce que ça donne.

Oh, bien sûr, en étant maniaque ou pourrait passer un coup de râpe par-dessus tout ça, mais attention, il ne faudrait pas fragiliser l’assemblage.

Pour l’esthétisme, il faudrait mieux faire des reprises de colle, mais l’essentiel n’est pas là, la fonction crée l’organe… et non pas l’inverse !

Bonne route avec vos  »nouvelles » chaussures !

Après 3 ans d’utilisation, les patins ne sont pas décollés, et leur usure est beaucoup moins rapide qu’avec ceux d’origine. Il en reste encore une bonne épaisseur… il survivront sans doute au reste des chaussures… qui commencent à se faire vieilles !
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