S.O.S pédales – ma cale Look s’est cassée !

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Une cale de pédale Look de route – les Kéo actuelles comme les anciennes Delta (à gauche) – ressemble à ça. Même fonctionnement même plastique, rien de fondamentalement différent, la cure de rajeunissement les a seulement rétrécies de quelques millimètres en longueur… avec pour seule légitimité, mais réelle conséquence, de rendre incompatible la génération actuelle avec son aînée ! Il y a quand même du bon dans cette évolution. En effet, l’abandon des corps de pédales tout aluminium pour de la résine n’a pas été une mauvaise idée, l’aluminium pouvant se creuser assez vite sous les appuis répétés en présence de boue ou de saletés… mais il n’y avait aucune raison de changer le format des cales qui restent par ailleurs identiques, à la légère réduction près. Rien n’aurait interdit les déclinaisons avec grips antidérapants sur les Delta ou la fabrication de corps de pédales en résine… sauf la volonté de le faire ! Accoucher d’un deuxième « standard » était superflu, mais ce qui est fait est fait. Tout n’est qu’affaire de marketing, renouveler un parc important de matériel est toujours une affaire juteuse ; le client est roi, mais roi de quoi ? Passons…

Bref, ces braves cales plastoc triangulaires sont encore ce qu’il y a de mieux quand on a les guiboles mal foutues et qu’on veut faire de la distance sans trop les bousiller – croyez-moi, j’ai bien essayé d’autres choses – mais parfois, si vous êtes d’un naturel malchanceux, en cas de déchaussage réflexe trop violent ou au contraire de chute sans avoir pu déchausser – pour moi tous les 80000km – la partie avant d’enclenchement de la cale peut se briser comme du verre. L’usure n’en est pas la cause puisque ça m’est arrivé sur Kéo comme sur Delta chaque fois avec une cale neuve ! La solution est simple, il suffirait de toujours emporter une cale de rechange avec soi – et de quoi la démonter – mais faut-il avoir envie de le faire… pour quelque chose qui en principe n’arrive jamais, sauf si vous êtes poissard !

La réparation d’urgence :

L’astuce que je vous propose ici est moins envahissante que la cale supplémentaire, moins lourde, se laisse oublier en ne prenant pas de place mais sera toujours là, au cas où, pour vous permettre de rentrer dans de bonnes conditions. Pour la réalisation, il faut juste quelques éléments de quincaillerie classique :

  • 1 vis BTR de 5×20 (pour la simplicité d’avoir la même empreinte que les autres fixations de la cale, sans avoir à changer d’outil).
  • 2 écrous de 5mm.
  • 1 grosse rondelle de 5 (ou 6 si vous ne trouvez pas mieux) x 30mm de diamètre extérieur.

Pour le dépannage, il faut d’abord assembler notre kit de sauvetage : faire passer la vis au travers de la rondelle, puis visser un premier écrou en le serrant à la main contre la rondelle, et terminer en serrant le deuxième écrou. Difficile de faire plus simple, non ? La mise en place est elle aussi évidente : retirer d’abord la vis et la rondelle rectangulaire à l’avant de la cale… qui ne servent plus à rien, et les remplacer par l’assemblage que vous venez de réaliser. Serrer assez fermement. Il faut que le deuxième écrou soit en appui contre la semelle de la chaussure, pas contre le rebord de la cale. Pas de difficulté, lors du serrage l’écrou viendra – au besoin – naturellement l’écarter pour se plaquer contre la semelle. Ainsi, l’enclenchement sur la pédale est restauré. Bon, pour la marche la vis BTR qui dépasse n’est pas forcément l’idéal, mais les cales Kéo comme Delta n’ont jamais été conçues – et d’ailleurs ça les use très vite – pour vraiment marcher avec plus que quelques pas !

Voilà, c’est tout. Il faut quand même garder à l’esprit que cela reste un dépannage d’urgence, la stabilité n’est pas celle d’une cale neuve et intacte, alors restez toujours attentif à votre pédalage et surtout, très prudent en danseuse !

 

Une solution compacte, non ? Et en plus on économise 10g sur une cale de rechange !

Et si on n’a rien sous la main ?

Si malgré tout vous êtes parti sans cale neuve ni kit de survie… ou que vous avez oublié de prendre votre outil multifonction pour dévisser et revisser ? Il reste à faire avec la cale cassée en apprivoisant une gestuelle particulière qui minimise les ripages et déclipsages. Ce n’est pas agréable, mais avec de la volonté il est possible de rentrer de loin avec une cale cassée – je l’ai fait sur 500km lors de mes BCN / BPF de l’Aude, du Gard et de l’Hérault – mais il faut toujours rester concentré sur son pédalage, à chaque instant, et les inévitables déclipsages de temps en temps sont tout de même pénibles. Voici comment faire pour pédaler au mieux :

Première chose, pour pouvoir démarrer en sécurité, intervertir au besoin les cales pour avoir la défectueuse du côté où l’on met le pied à terre à l’arrêt, et la bonne du côté du lancement. Ainsi les démarrages sont plus sûrs et plus faciles sans que le pied ne chasse trop. Ensuite, il faut adapter son pédalage : à chaque tour ne pas oublier de bloquer le pied vers l’arrière, alors que l’appui l’entraîne naturellement vers l’avant de la pédale. Faire aussi attention à ne pas trop se décaler en latéral, à la longue, sinon le pied s’éjectera. Pour les démarrages en côtes et grosses ascensions de cols, appuyer davantage et tirer le pied à la remontée du côté stable, pour soulager l’autre… Une fois que vous avez intégré tout cela, le pied ne chasse qu’environ toutes les 10mn, quand le pédalage redevient naturel et que l’attention se relâche !

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