Le poids du matériel, ou l’illusion du « light »

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Le poids du matériel est une des obsessions principales de tout cycliste qui se respecte ! C’est d’ailleurs souvent l’argument principal des fabricants (qui éventuellement minimisent cette pesée à l’aide de balances optimistes…) Oui mais voilà, il y a des limites à la métallurgie, à la fiabilité et à la durabilité : des limites de la physique en somme, dont même le carbone ne peut s’affranchir !

Pour repousser ces limites, la seule solution est souvent d’employer des solutions techniques hasardeuses !

Voici deux exemples de matériels très légers et bien tentant sur le papier :

Light

  • Étriers de frein KCNC K6 : en 10 000 km ils freinaient toujours aussi bien (ils n’ont jamais eu une puissance phénoménale, mais c’est un autre débat) sauf qu’ils demandaient un effort de plus en plus important sur les leviers, jusqu’à nécessiter une force herculéenne pour les actionner. En fait ils sont conçus de manière tellement légère, que pour éviter que les bras en aluminium (trop ajourés) ne se plient sous l’effort, une petite roulette, anodine, a été rajoutée à la construction (flèches rouges). Seul problème, cette pièce est bien trop petite, trop exposée à la poussière, et au final se bloque pour tourner carré. Ce qui explique que l’effort devienne surhumain pour arriver à s’affranchir de la minuscule roulette grippée. Une fois les étriers nettoyés, regraissés, et la roulette un peu libérée (mais gardant sa forme de patate) c’est reparti pour un tour… Mais ça flaire la fin de vie, et ils restent bien trop fatigants pour être utilisés en longue distance !
  • Ce moyeu A2Z : après seulement 1000 km, et pendant l’ascension d’un col plutôt velu, le mécanisme de roue libre s’est complètement disloqué, d’un seul coup ! La seule façon de finir de grimper ce col était d’être dans le sens… de la descente. Moralité : léger le moyeu… autant que sa durée de vie !
  • On pourrait trouver d’autres exemples à la pelle, et même parfois de bonnes surprises, pourquoi pas, mais j’ai préféré limiter les dégâts dans le domaine de l’« exotisme » cycliste !

Pour finir, ce sont souvent de petits fabricants qui produisent les matériels les plus légers. Alors dites-vous bien une chose : si les plus grandes marques pouvaient faire plus léger et aussi fiable… elles le feraient ! Elles ne sont pas plus bêtes que les autres, ont logiquement des plus gros budgets de recherche, et bien plus de têtes pensantes à disposition. Donc si elles ne le font pas, c’est qu’elles tiennent à leur réputation, et aussi à ce que le client revienne pour acheter la prochaine génération de matériel… Satisfait et vivant, de préférence !

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